Un temps en silence : une pause pour revenir à soi
- sophiegobillard
- 27 juin
- 5 min de lecture
« Il faut puiser à la source du silence pour regarder et écouter. »
Si vous avez lu la newsletter du mois de juin, vous retrouverez ici quelques éléments déjà partagés. J'ai souhaité les reprendre afin que cet article puisse être lu indépendamment. Vous découvrirez ensuite des pistes concrètes pour préparer et vivre un temps en silence, que vous pratiquiez la méditation ou non.
Dans nos vies où chaque instant semble devoir être rempli, le silence nous invite à ralentir. À cesser, pour un temps, de nous distraire de nous-mêmes. À simplement être là, pleinement présent à notre expérience, à notre respiration, à la nature, à la vie qui se déploie en nous et autour de nous.
Il ouvre un vaste espace où le cœur peut se déposer et s'ouvrir, sans détour. Ce que nous laissons habituellement à l'arrière-plan peut alors émerger, être reconnu et accueilli avec douceur.
Lorsque j'ai participé à ma première retraite en silence de méditation de pleine conscience, j'éprouvais une certaine appréhension. Plusieurs jours sans parler, sans téléphone, sans livres, sans les distractions habituelles, pouvaient sembler à la fois étranges et intimidants. Et pourtant, ce fut une merveilleuse découverte.
Que vous pratiquiez ou non la méditation de pleine conscience, un temps en silence peut être une magnifique manière de prendre soin de vous : préparer un repas et le savourer en conscience, marcher dans la nature, contempler, vous reposer, méditer ou simplement vous laisser être.
Dans cet article, je vous propose quelques pistes concrètes pour préparer et vivre une journée en silence, que vous soyez méditant de longue date ou simplement curieux de faire cette expérience.

Qu’est-ce qu’un temps en silence ?
C’est plus vaste et plus profond que ne pas parler. Toutes les formes de communication sont mises au repos. Ainsi, le téléphone, l’ordinateur, la télévision, la chaine hi-fi sont laissées de côté. La communication peut également se faire en lisant un livre, en écrivant. Cela ne peut-il pas attendre demain ?
Mais que faire me direz-vous ? Il s'agit avant tout d'ouvrir un espace de non-faire pour plonger dans le monde de l'être.
Peut-être pensez-vous : « Je vais m'ennuyer. » Peut-être. Mais l'ennui fait aussi partie de l'expérience humaine. Il peut devenir une porte vers davantage de créativité, de présence et de liberté intérieure.
Préparez votre période en silence
Pour commencer, cela demande une petite organisation afin de vous libérer autant que possible des sollicitations extérieures.
Décidez du jour ou des jours que vous souhaitez consacrer à ce temps en silence et informez-en vos proches. Expliquez-leur que cet espace sera un temps durant lequel vous ne serez ni disponible ni joignable.
Choisissez une personne qui pourra vous prévenir en cas d'urgence. Vous pouvez modifier l'annonce de votre répondeur en précisant qu'en cas d'urgence, cette personne pourra être contactée.
Ainsi, aucune raison de ne pas éteindre votre téléphone.
Si vous prévoyez plusieurs jours de silence, vous pouvez également programmer un message d'absence dans votre boîte mail en indiquant la personne à contacter en cas d'urgence.
Prévoyez la nourriture nécessaire, en pensant que cela peut être l'occasion de manger simplement, sainement et de préparer de bons petits plats en conscience.
Concernant le lieu, cette expérience peut se vivre chez vous ou dans un endroit qui vous inspire particulièrement.
Si vous vivez avec d'autres personnes, cela peut être l'occasion pour elles de s'offrir un temps pour prendre soin d'elles : aller voir des amis, partir en week-end ou simplement profiter d'un moment pour elles-mêmes.
Vous avez des enfants ? Peut-être que des amis ou des membres de votre famille seraient ravis de s'en occuper pendant quelques heures ou quelques jours.
Si cela n'est pas possible, choisissez peut-être un jour où les adultes sont au travail et les enfants à l'école. Pour la fin de journée, il peut être envisagé que les autres membres du foyer pratiquent une activité à l'extérieur du domicile.
Lorsque vous cohabitez, installez-vous dans un espace où vous pourrez être au calme, tout en demandant aux autres de respecter votre démarche.
Échangez ensemble et vous trouverez les solutions les plus adaptées à chacun.
Vous voilà prêt·e pour votre période en silence, libre autant que possible des sollicitations extérieures.

Organisez votre temps en silence
Dans cet espace, il n'y a rien à réussir ni à produire. Simplement être présent à ce qui émerge instant après instant.
Pour les non pratiquants de méditation ou les pratiquants ne souhaitant pas pratiquer de manière plus intensive :
ouvrez-vous à des moments où vous prenez soin de vous.
Cela peut être dans la salle de bain, lors d’une promenade, en préparant et/ou en savourant un repas.
Contemplez, reposez-vous, ennuyez-vous. Et cela en étant présent à l’expérience, en l’accueillant telle qu’elle du mieux que vous le pouvez.
Pour les pratiquants de la méditation de pleine conscience souhaitant faire de cette journée une opportunité de pratique plus intensive :
une certaine discipline est nécessaire. Définissez au plus tard la veille un emploi du temps de votre pratique.
Exemple d’une journée semi-intensive :
7h : pratique corporelle suivie d’une pratique assise
8h : petit déjeuner
9h – 9h45 : méditation assise
9h45 – 10h15 : marche méditative formelle
10h15 - 11h : méditation assise
11h – 15h : pause
15h – 15h45 : pratique corporelle en conscience
15h45 – 16h30 : méditation assise
16h30 -17h : marche méditative
17h- 17h30 : méditation assise
17h30 – 20h : pause
20h - 20h30 / 21h : méditation assise.
Utilisez un timer pour respecter ces horaires, que vous en ayez envie ou pas. Cela vous invitera à cultiver une discipline à la fois douce et ferme.
Cet emploi du temps peut être moins intensif (allongez ou ajoutez des temps de pauses) ou plus intensif (raccourcissez les pauses et/ou démarrez la journée plus tôt afin de pratiquer davantage).
Et si l’inconfort se présente ?
Un temps de silence peut nous faire aller à la rencontre de ce qui est inconfortable et nous éloigner de notre intention et de notre motivation.
En l'absence des sollicitations extérieures, nous rencontrons, parfois ou souvent, notre agitation intérieure, nos émotions, nos pensées récurrentes, nos inquiétudes ou nos élans de joie. Nous découvrons aussi un espace de présence, de calme et de clarté souvent insoupçonné.
Alors, lorsque l'inconfort se présente, essayez simplement d'être avec lui, avec douceur et curiosité. Observez ce qui émerge lorsque vous accueillez pleinement cet inconfort, ou toute autre sensation, émotion ou ressenti.
Commencez progressivement
Si une journée vous semble trop ambitieuse, commencez par quelques heures. L’essentiel n’est pas la durée mais la qualité de présence que vous vous offrez.
J'espère que ces quelques repères vous donneront l'élan d'expérimenter le silence à votre manière.
Si vous avez des questions, je vous invite à me contacter. C’est avec plaisir que je répondrai à vos questions.
« Le silence n'est pas l'absence de quelque chose, mais la présence de tout. »
Gordon Hempton
Je vous souhaite une belle et nourrissante expérience du silence.🌼





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